Faut-il avoir été cheval pour être un bon jockey?

Nicolas Caron

Publié : 6 juin 2010
Par :

3 commentaires

Crédit Laurent Etorre

Cela fait maintenant presqu’un an que nous avons décidé d’accompagner le club de Hockey sur gazon de St Germain en Laye.

Halifax Consulting est basé à St Germain et quand les dirigeants nous ont demandé un coup de main, nous n’avons pas hésité très longtemps, même si nous ne connaissions rien à ce sport.

Depuis, à force de venir les supporter, nous avons découvert un sport  intense et spectaculaire et surtout une superbe équipe qui joue au plus haut niveau national.  La plupart des joueurs jouent en équipe de France.

Une des particularité de cette équipe est son entraîneur, Jérôme Tran Van,  et c’est son expérience que nous avons voulu décrire dans cet article.

Vous allez voir qu’au delà de l’excellence de ses résultats, son expérience peut certainement servir de repères aux managers qui se posent des questions sur leur légitimité technique vis à vis de leurs équipes.

Un « ovni » dans le monde du Hockey

Crédit Laurent Etorre

Jérôme a pris cette équipe en main alors qu’il venait d’un autre sport (le foot-ball).  Il a d’abord été accompagné pendant quelques mois par un entraîneur national qui lui a transmis les bases techniques puis a été très rapidement seul aux commandes.

L’année de son arrivée, l’équipe jouait les « play down ».

Autrement dit elle luttait pour éviter la relégation en deuxième division.

Dés sa première année en tant qu’entraîneur Jérôme à conduit l’équipe en Finale du championnat de France. C’était en 2005.

Depuis, St Germain a été 4 fois champion de France et vient de jouer une nouvelle fois la finale, perdue cette année face à Montrouge. Six finales consécutives…

Donc en résumé, alors que Jérôme ne connaissait rien à ce sport quelques mois avant sa prise de fonction, il a quand même obtenu des résultats uniques dans l’histoire de ce sport.

Les clés du succès.

Nombre de managers commerciaux que nous rencontrons se posent la question de leur légitimité technique ou de la meilleure façon de réussir leur prise de fonction.  C’est évidemment en pensant à eux que  j’ai demandé à Jérôme de me livrer les trois conseils qu’il donnerait à quelqu’un sur le point de vivre la même expérience « d’entraîneur néophyte ».

Voici ces réponses:

1. Parfaitement connaître les principes de jeu.

Même si je n’étais pas capable de les exécuter moi même,  la moindre des choses était que je connaisse parfaitement les principes de jeu de ce sport.  J’ai donc travaillé le temps nécessaire pour savoir précisément quelles étaient les différentes composantes techniques et tactiques de la performance individuelle et collective et ainsi savoir ce que je pouvais attendre de chacun.

2. Rigueur à tous les étages

Il a également fallu que je fasse comprendre que rien ne serait possible sans une plus grande rigueur de chacun. Certes les joueurs ne sont pas professionnels, mais ils doivent se comporter comme des professionnels s’ils veulent prétendre à être les meilleurs.

Rigueur en match:

  • respect des consignes de jeu
  • respect des arbitres,
  • respect des adversaires
  • respect des partenaires

Rigueur à l’entraînement

  • Densité et implication; On joue comme on s’entraîne!
  • Personnalisation et responsabilisation; l’entraîneur ne doit pas être le seul à proposer. Le joueur doit lui aussi savoir demander des exercices spécifiques pour renforcer tel ou tel aspect de son jeu: Ici et maintenant, pour ailleurs et plus tard!

Rigueur en dehors du terrain

  • Ponctualité
  • Tenues vestimentaires harmonisées les jours de match (parce que c’est aussi par ce genre de détails que le groupe devient une équipe)
  • Hygiène de vie
  • Respect des soins
  • Alerte au dopage

3. Obsession de la performance et de l’excellence

C’est le leitmotiv, c’est le fil conducteur, c’est le cap. Il faut savoir surfer aux frontières de la « psychorigidité » mais c’est à ce prix que chacun comprend que tous les choix, tous les arbitrages, toutes les décisions sont prises en répondant à une seule question: Ceci va-t-il nous permettre d’être plus performant?.

C’est aussi quand cette obsession est partagée par tous qu’on passe du statut d’amateur à celui d’amateur professionnel!

*   *

*

Merci encore Jérôme pour ces quelques conseils et cette superbe saison.

Merci aussi pour ton implication auprès des plus jeunes de ce club. La relève est bientôt prête, non ?

Allez, bon business à tous!





commenter cet article

commenter cet article :
  • *Champs obligatoires

3 Commentaires

Le 7 juin 2010 à 10:50
Camille El Hage a dit :

Intéressant, en effet on n’arrive pas par hasard 4 fois de suite en finale d’un tournoi national. Il en va de même pour tous les sportifs de haut niveau qui atteignent de manière quasi systématique les finales: c’est toujours les mêmes.
Il est intéressant de noter que sur les trois points abordés, l’entraînement ne représente qu’un sous-point, la rigueur et l’obsession étant bien plus liés au mental…

Le 8 juin 2010 à 7:29
albert a dit :

Je ne connais pas grands chose à ce sport, mais sa diffusion trés limitée, donc le faible nombre d’équipe, le fait que tous les joueurs jouent en équipe de France doit certainement aider votre entraineur. Sans vouloir dénigrer ses qualités, le meêm exemple dans un autre sport, Football ou Rugby m’aurait beaucoup plus séduit.

Le 8 juin 2010 à 9:29

@Albert

Merci pour votre commentaire
C’est vrai que ce sport est confidentiel par rapport à d’autres mais personnellement je suis toujours admiratif vis-à-vis de ceux qui arrivent à sortir du lot quelle que soit la discipline (sportive, artistique ou professionnelle). Par ailleurs, depuis un an j’ai assisté à pas mal de matchs et je vous assure que cela vaut le coup d’être vu. C’est vraiment très impressionnant quand c’est joué au plus haut niveau.
Mais vous avez raison, d’autres exemples dans des sports plus connus seront peut être plus frappant. J’en ai deux à vous citer.
D’abord celui de JC Perrin qui après avoir entraîné pendant des années les sauteurs à la perche de l’équipe de France, a ensuite pris en charge la préparation physique des équipe de France masculines et féminines de coupe Davis. (Notamment en 1991 et 1996, lors des 2 victoires)
Et puis surtout l’exemple de Gérard Houiller. Je crois d’ailleurs que l’expression qui sert de titre à de cet article est de lui. Gérard Houiller n’a jamais été footballeur avant d’être entraîneur. Il était prof d’anglais. Et pourtant, il reste aujourd’hui encore le seul entraîneur à avoir conduit le PSG au titre de Champion de France…

X
Cet article vous a plu? Partagez le!
http://www.legrandblogdelavente.com/